Exercice fastidieux que celui de vouloir synthétiser des sujets où sont intrinsèquement liées différentes composantes, où se conjuguent parfois différentes approches, mais qui toujours semble nous rappeler l’importance du contexte, ou… le cas échéant du lieu : impossible, en effet, de s’entendre sur les lieux communs, mêmes du discours, sans le contexte, impossible, également, d’humaniser quelque peu ces concepts, de les rendre vivants et accessibles, sans référence extramuros – à l’extérieur du laboratoire ou du bureau de l’écrivain, où les conditions ne sont plus contrôlées, mais changent, évoluent et d’adaptent aux différentes récupérations que l’on fait des eux. Bref, le concept dans le monde vrai… devient imprévisible.
Publiée il y a quelques mois par Marie D. Martel, une série de trois billets concernant les tiers lieux, dans laquelle on retrouve une synthèse du concept et quelques « repères fondamentaux pour comprendre le cadre théorique de la bibliothèque publiquesur le territoire nord-américain. » (c’est moi qui souligne, in Le tiers lieu d’un point de vue nord-américain expliqué aux enfants, de Marie D. Martel)
Le tiers lieu, celui qui se permet d’expérimenter et de vivre la zone approximative de dégagement entre l’espace personnel (le foyer ou la maison) et l’espace de travail est ici contextualisé dans ce deuxième espace pour se constituer comme un tiers lieu de travail, en somme, la bibliothèque publique.
Ce tiers lieu que cristallisent les cafés qui accueillent les « nomades du portable » — la bibliomancienne du web parle des cafés plutôt comme d’un prototype de tiers lieu – s’inscrit dans le besoin grandissant pour les espaces semi-publics qui peuvent être appropriés comme lieu de travail, sans trop de formalités (d’après une citation tirée de The New Oases, paru dans The Economist et reprise dans le premier billet de la série intitulé Tiers lieu de travail : burespresso, caflab, cafzine, cafébu, jobar et quoi encore?
« Un tiers lieu de travail fait certaines concessions au jeu et à la liberté caractéristiques des bonnes places cédant aux exigences de la tâche tout en préservant la dimension tonique de ces ingrédients pour leur potentiel de création et d’innovation. » – Marie D. Martel, in Tiers lieu de travail.
En retournant aux sources du concept pour y reprendre quelques éléments de la thèse développée par le sociologue américain Ray Oldenberg, Marie D. Martel met en garde contre la tentation de trop vite associer l’idée de tiers lieu avec celle de la marchandisation débridée : la popularité du tiers lieu, mais aussi l’aisance avec laquelle le concept semble pouvoir s’étendre sous différents horizons, dans divers contextes, ne doit pas faire oublier que la matérialisation de telles idées se fait sous l’effet des multiples récupérations et des appropriations successives par les différents acteurs sociaux : communautaires, commençants et institutionnels, gouvernement, blogueurs
, aussi, etc.
C’est le lot de toutes bonnes idées qui réussissent à se frayer un chemin hors des laboratoires, ou qui sorte de l’imprimante laser de l’écrivaine du moment: elles sont toutes plus ou moins pures comme des formules mathématiques qui étonnent par leur capacité à allier technique et esthétique. Elles sont si bonnes, elles sont si belles, qu’on en veut, qu’on en redemande, sans se soucier du rapport réel qu’on cherche à établir entre l’idée originale et sa transfiguration dans la sphère publique, dans la quotidienneté des gens ou, même, dans le discours intellectuel.
Pour un, le Starbuck pris presque comme symbole absolu de la culture homogénéisante et homogénéisée s’adresse pourtant à une clientèle de privilégiés, sans qu’on ait à se sentir nécessairement coupables d’y aller : c’est le choix d’un de dépenser 2 ou 3 dollars ici, plutôt que là, ou plutôt qu’accumuler ces dollars en vue de faire un don significatif à un organisme charitable, à titre d’exemple. De deux, par culture homogénéisante ou homogénéisée, on entend souvent une culture sans saveur, impersonnelle, presque parfaite pour une appropriation « massive, » ou du moins démocratique, mais carrément insignifiante d’un point de vue culturel. Les tiers lieux, selon Oldenberg, « présentent la qualité d’une place qui permet les rassemblements dans un cadre public informel, qui contribue à créer une communauté vivante, qui favorise une communion naturelle et un sentiment d’appartenance plus qu’une association de nature civique. » (tirée de Le concept de tiers lieu : retour aux sources, de Marie D. Martel.)
Dans la première édition de son ouvrage, le sociologue semble accorder une importance démesurée à la « neutralité du terrain, » (premier élément d’une liste de huit conditions nécessaires à l’établissement d’un tiers lieu), alors que la deuxième édition semble mieux reconnaitre que l’ouverture à l’aseptisation culturelle à ses limites : le tiers lieu, doit plutôt, ici, être disposé à constituer « des forums politiques, des forums intellectuels et des bureaux. » (in Le concept de tiers lieu : retour aux sources, de Marie D. Martel.)
De même, l’idée d’un « profil bas » qui caractériserait le tiers lieu, parce qu’il refléterait ainsi mieux sa participation dans la quotidienneté de la communauté n’est exacte qu’à condition de fermer les yeux sur, justement, la capacité limitée à reconnaitre de tels codes (à l’encontre, par exemple, de la société capitaliste axée sur la consommation, la publicité et le tape à l’oeil à outrance): il est loin d’être sûr que ceux et celles qui aspirent à voir éclore une multitude de tiers lieux ou qui, déjà, fréquente de tels endroits, n’embrassent pas la majeure partie des valeurs poursuivies par les sociétés capitalistes avancées. La description originale du tiers lieu semble toutefois corresponde en tout point à un lieu dit culturel, situé sur Saint-Viateur Ouest (près de St-Laurent, du côté Nord de St-Viateur – et dont le nom m’est toutefois inconnu, tellement il est anonyme.
Le tiers lieu, dans ce contexte, détonne-t-il vraiment, ou est-ce que sa conception ainsi rendue « allégée, » l’associe-t-elle à ce qu’on appelait traditionnellement « une ambiance familiale ? »
Si l’inscription physique de ces tiers lieux sert à des fins pédagogiques en société, dans quels systèmes de valeurs nous invitent-ils à naviguer? Celui de la méritocratie? Oui, surement, mais également dans la logique du menu à être consommé en guise de repas – l’atmosphère y est ludique, dit-on, et il y existe un sens, une urgence, « d’y retourner pour recréer et saisir à nouveau cette expérience. »
Ceux et celles qui, comme moi travaillent souvent dans un café, reconnaîtront peut-être cet appel impromptu, par exemple, à aller corriger les fautes d’orthographe d’un texte qu’on vient de terminer dans un autre environnement…
Dans les mots de Marie D. Marel, en guise de commentaire:
Je retiens de cette lecture [The Great Good Place, de Ray Oldenberg] que le tiers lieu est un concept, appartenant à l’appareil théorique de la sociologie urbaine, décrivant et expliquant un système social avec des composantes, des mécanismes, une structure dans un environnement donné d’où émerge des propriétés qui n’existaient pas auparavant, soit des propriétés sociales comme «être démocratique» ou «être une communauté», par exemple. En ces termes, le tiers lieu n’est pas une marque ni un autre catalogue d’Ikea. – in Le concept de tiers lieu : retour aux sources de Marie D. Martel.
Bien qu’il faille sans doute retenir encore mieux la mise en garde que fait Marie D. Martel à l’effet qu’une association trop rapide entre le concept de tiers lieu, le marketing ou, encore, le comportement des consommateurs soit inappropriée et, malgré également les réserves que nous avons exprimées quant à l’exactitude d’une dissertation sur la transfiguration d’une telle thèse dans le « monde réel, » le concept semble difficilement arriver à se distancier de la citoyenneté liée à la consommation (le citoyen-consommateur) pour arriver à une forme proche, par exemple, du citoyen-souverain, ou un autre avatar encore plus contemporain qui pourrait rallier les « masses, » (ou du moins des franges importantes de différentes concitoyennetés) et constituer un projet culturel, communautaire ou autrement social et qui pourrait être appréhendé comme « en cours d’implémentation, » à moins qu’on accepte le concept comme un fourre-tout de gens ou de lieux différents, mais différents de quoi?

IMAGE: Dans une entrée récente sur le blogue du Mile-End, intitulé Idiosyncrasie commence par un café (Starbuck?), nous discutions avec un brin d’humour et d’humour noir l’histoire du café comme lieu ludique propice à la contamination des personnalités. Image sans restriction.
LA DISCUSSION: ACTIVITÉ PRINCIPALE DES TIERS LIEUX
À proprement parler, il est vrai que la discussion – activité dite principale des tiers lieux – est difficilement reconnaissable comme une marchandise, à moins que l’on souhaite se tourner volontairement vers le vocabulaire des sciences économiques plutôt que sociales, et parler de consommation de l’information, plutôt que de la personnalité du lieu qui, par un processus similaire à la « contamination » se constituerait comme un éthos à partir des personnalités des habitués pour s’étendre jusqu’aux occasionnels, voire qui définirait le lieu pour les nouveaux – à la différence des employés sur le lieu de travail.
D’un point de vue plus strictement culturel, le concept invite à la consommation des « identités, » bien plus que de la « citoyenneté, » malgré sa dimension sociale ou communautaire; dans les mots de Marie D. Martel :
« On pense au tiers lieu de travail comme à une bonne place, une zone intermédiaire, un entre-deux-mondes, un chez-soi public qui colle à cette identité hésitante ou instable qui est la nôtre à force de brouiller les frontières entre le travail et la vie privée, entre le professionnel et l’amateur. » in Tiers lieu de travail : burespresso, caflab, cafzine, cafébu, jobar et quoi encore?, de Marie D. Martel.
Le territoire nord-américain est jeune de son histoire – d’un point de vue européen, du moins – et, il se caractérise par de si grands et vastes espaces qu’on s’explique presque mal comment on peut s’y croiser! À l’inverse, il est facile d’imaginer ces grands espaces comme des « pays de peuplement, » et bref, ouverts à des cultures « plus variées, » en ce sens où la tradition y pèse peut-être moins lourd…
Dans un imaginaire, peut-être naïf, ce grand espace permet peut-être également d’explorer le lieu dans une optique, voire dans une philosophie du « à perte de vue, » ou même du « tout reste à faire. » | ton-mile-end.net (juin 2012)
Dans sa troisième et dernière entrée sur le tiers lieu, Le tiers lieu d’un point de vue nord-américain expliqué aux enfants, Marie D. Martel explore la « conception nord-américaine de la bibliothécomie » et revoit les « principes » et les « axes stratégiques » concernant « l’horizon de service des bibliothèques » publiques nord-américaines, mais étatsuniennes, en particulier.
C’est dans les années 1980, que la bibliothèque obtient un « rôle » sur le plan communautaire et s’échappe du carcan de fournisseur de services à la collectivité avant, une décennie plus tard, d’adopter la formule, toujours actuelle selon celle qui a également signé le texte Faire le pont entre les territoires physique et numérique des communautés, de « service aux répondants. »
Dans son entrée, « service aux répondants, » semble être une traduction de « service responses, mais le « répondant » en question doit être assez proche de ce que nous appelions un peu plus tôt le citoyen-souverain : au Québec, la culture du citoyen-consommateur a pris son envol sous le gouvernement de Réné Lévesque, semble avoir été mis en veilleuse par les gouvernements Parizeau, Bouchard et Landry, avant de revenir en force récemment durant le troisième mandat de premier ministre Jean Charest). Mi-figue, mi-raisin, on peut sans doute rappeler que les fameux comptoir de services à la raison sociale particulièrement originale, les « Distributions aux consommateurs, » ont fermé leurs portes dans le milieu des années 1990.
L’argument économique, aujourd’hui encore, se développe sous l’angle d’un espace physique (un terrain) relativement prestigieux dédié à des institutions qui accordent une valeur exemplaire à la citoyenneté, à la culture ou à l’éducation (dans une perspective de développement, plutôt qu’historique, nous pourrions sans doute ajouter à cette liste, par exemple, la valorisation de l’information) comme un rappel qu’ici, la ville, ne cherche pas à maximiser la valeur de la propriété, mais à la mettre en valeur – c’est, vitement dit, la théorie du capital culturel, où l’on ajoute une valeur symbolique à la valeur propre du bien – on reconnait également, en filigrane de la proposition, la plus-value des biens et services culturels.
À priori, il n’y aucune logique économique à laisser une institution publique occuper un espace profitable, si ce n’est que l’aménagement du lieu pourrait valoriser la zone de proximité; les libértariens, par exemple, font grand cas qu’une privatisation de ces espaces entrainerait un monde tout simplement meilleur, car l’individu – le privé, – lui, ne tolèrerait pas la « décrépitude » des lieux et chercheraient à maximiser ces établissements afin qu’elles prennent toujours plus de valeur; aussi, la bibliothèque « privée, » par exemple, serait donc plus belle, mieux entretenue, et plus recherchée… Bien qu’ils s’inscrivent dans l’argument économique, les concepts de capital culturel, capital social ou capital humain restent plus humains et, en somme, moins bêtes.
« De nos jours, dit Marie D. Martel, la conception du service [aux répondants] peut être entendue de manière à refléter une vision plus large de l’importance de la bibliothèque publique pour les communautés, plutôt qu’être centrée sur les individus. » - Marie D. Martel, in Le tiers lieu d’un point de vue nord-américain expliqué aux enfants.
Aussi, en prenant références chez Kathleen de le Pena McCook, elle identifie quatre grands piliers du service en bibliothèque: la sphère publique, l’héritage culturel, l’éducation et l’information. Notez comment l’information se glisse comme une valeur dans ce système.
Comme le note toutefois Marie D. Martel, le portrait que dresse McCook « de la bibliothéconomie contemporaine aurait déjà besoin d’un rafraîchissement qui soulignerait l’impact de la culture numérique et des transformations technologiques sur les principes, les méthodes, les normes d’évaluation et les buts de ce domaine. »
Le cas échéant, on peut postuler que l’information est appelée à devenir beaucoup plus importante que le laisse entendre le volet informationnel du traité de bibliothéconomie pris comme référence : information générale, information pour le consommateur, information gouvernementale, information pour la carrière et l’emploi semblent, en effet, être des catégories complètement dépassées pour envisager la bibliothèque dans son action sur l’information et sur l’échange d’informations.
« Ainsi, considérant les développements historiques, il serait temps de souligner le passage d’une approche centrée vers la circulation de documents à une approche orientée vers la participation, la médiation globale, la création de contenu tant par les bibliothécaires que par les citoyens, » ajoute la bibliomancienne du web, à titre de commentaire.
C’est dans le volet « sphère publique » qu’on retrouve principalement les idées liées aux tiers lieux; malheureusement, la synthèse proposée est orientée uniquement vers le client et ignore le tiers lieu de travail pour le personnel des bibliothèques publiques.
Votre bibliothécaire préférée a sans doute droit, elle aussi, de travailler à proximité d’un barista fin prêt à lui préparer un latte au besoin! Moins ironique, mais tout aussi vrai, l’environnement de travail des ressources humaines dans les bibliothèques publiques, me semble-t-il du moins, pourrait tout aussi bien précéder que suivre des changements destinés à faire de la bibliothèque un « tiers lieu; » peut-être qu’ainsi, le tiers lieu ne se résumerait plus à « quelques directives d’aménagement, » mais créerait plutôt des besoins nouveaux, tant sur le plan des technologies utilisées, que sur l’utilisation de ces technologies pour créer de nouveaux services.
Imaginez votre bibliothécaire parcourant rapidement une sélection de bouquins, un crayon numérique à la main, répertoriant des mots-clés, constituant des nuages d’idées, avec quelques acolytes pour interagir avec une base de données et vous êtes à une ou deux idées près d’avoir réinventé le métier et peut-être même renouvelé l’intérêt pour un réseautage encore plus étendu des bibliothèques publiques. | ton-mile-end.net (juin 2012)
Chez McCook, paraphrasée par Madame Martel, on retrouve l’idée « d’un système holistique qui intègre les ressources des bibliothèques, des musées, des médias, des archives sous la forme de collaboration et de partenariats entre ces différentes institutions culturelles. »
Parmi les tendances qui peuvent être entrevues dans la bibliothéconomie contemporaine, on note également que la bibliothèque doit nourrir le sens d’une place (la distinction que l’on faisait autrefois, par exemple, entre un foyer et une maison, ici est récupérée pour devenir un espace animé); je cite extensivement l’entrée, à partir du document source sur bibliomancienne.wordpress.com:
« Le sens d’une place ou le sentiment d’appartenance est « la somme de toutes les perceptions, esthétique, émotionnel, historique – qu’un lieu, ainsi que les activités et les réponses émotionnelles associées à ce lieu, suscite chez les personnes. » Selon McCook, la bibliothèque publique procure le sens d’une place, un sentiment d’appartenance qui transcende les nouveaux développements impersonnels, les lieux commerciaux, etc., et qui aide la communauté à préserver son identité et son caractère distinctif. L’emphase actuelle sur le développement durable et sur la croissance des communautés plus viables « encourage la création d’espaces publics qui sont de véritables places communautaires. » »
DOCUMENT SOURCE: Le tiers lieu d’un point de vue nord-américain expliqué aux enfants.
Le défi, selon Marie D. Martel, ne se résume donc pas à favoriser l’émergence de lieux bibliothécaires qui se constitueraient comme autant de tiers lieux, mais à « transcender » le concept « en prenant part à des initiatives qui dépassent les limites de la communauté, » le tout, idéalement, dans une perspective de développement durable.
« Dans le contexte actuel, et avec l’importance croissante accordée au développement durable, l’idée de revendiquer un tiers lieu durable est probablement une avenue prometteuse qui permettrait de redonner la dimension de projet social à cette fonction et d’atténuer l’emprise de la marchandisation. » - Marie D. Martel, in Le tiers lieu d’un point de vue nord-américain expliqué aux enfants.
En conclusion, à ce point sur les tiers lieux, et les tiers lieux de travail, il appert important de souligner que la synthèse qu’offre Marie D. Martel relève l’importance de l’inscription du lieu bibliothécaire dans la sphère publique – dans un argument, plus social, qu’économique, mais qui tout de même articule les tendances et les grands axes en termes apparentés à ceux du capital culturel, capital social et capital humain.
Par exemple, la convergence des institutions liées à l’héritage culturel mentionné plus haut (capital culturel), mais également celle d’une offre de service inclusif et un engagement pour la justice sociale (capital social ; ici, on mentionne à titre d’exemple, une « préoccupation pour la fracture numérique, » et d’une perspective du développement durable, mais faut-il le rappeler, nous avons essuyé un net refus lorsque nous avons demandé à notre bibliothèque de quartier de manifester explicitement un soutien à la grève étudiante – alors que l’éducation permanente est, avec la santé, un des principaux tenants de la composition du capital humain.
L’éducation, dans un sens plus large, est également reconnue dans cette discussion comme l’un des quatre piliers du service en bibliothèque, avec l’information, l’héritage culturel et la sphère publique:
« La bibliothèque est une composante centrale de la sphère publique : c’est sa fonction la plus large en lien avec la société civile. Par ce biais, les bibliothécaires supportent les relations que la communauté entretient à l’égard du discours et de la réalité au quotidien. Par sa contribution à la sphère publique, la bibliothèque publique participe à la création, la construction de la communauté et elle favorise un dialogue authentique entre les citoyens. » in Le tiers lieu d’un point de vue nord-américain expliqué aux enfants de Marie D. Martel.
Plus tôt, nous parlions de la consommation d’identités – ou même de citoyennetés –, sans questionner ni l’authenticité de l’une ni de l’autre ; en guise de piste de réflexion sur les idiosyncrasies et de la sérendipité inhérentes ou appréhendées dans ces nouveaux espaces ou ces tiers lieux de travail, peut-on questionner le caractère même de l’authenticité alors même qu’on cherche à créer des milieux, orchestrer des éthos et accumuler du capital de tout ordre ? La définition traditionnelle d’authenticité semble ici dépassée, tout comme le concept de traditionnel qui semble appelé à devenir plus ou moins un quasi-synonyme de « folklorique. »
Avez-vous pensez visiter notre page « réflexion sur la bibliothèque du futur ?» Pour retourner à la page d’accueil de la plateforme ton-mile-end.net, prière de suivre le lien précédent.

[...] On retrouve des mentions de « user-responses » ou de termes similaires ( « responsive ») chez Jon Yu, par exemple dans notre commentaire Propos sur la vision indisciplinée de Jon Yu ou, encore, chez Marie D. Martel ( « service responses») comme nous en discutions dans l’entrée intitulée Le point sur les tiers lieux, d’après une synthèse de la bibliomancienne du web. [...]